DIEGO ARMANDO MARADONA:

VERS UNE INTERPRÉTATION DE LA TRAJECTOIRE DE VIE DE L´ICÔNE

 Article publié dans « Spectacles Sportifs, Dispositifs d´Écriture », Jean François Diana (coord), Question de Communication Nro 19, Université de Nancy, 2013

 FERNANDO SEGURA M. TREJO

Centro de Investigación y Docencia Económicas, Mexico

Centre d’Études Sociologiques et Politiques Raymond Aron, EHESS, Paris

Résumé. — Diego Armando Maradona est un des personnages les plus médiatisés de la dernière partie du XXème et du début du XXIème siècle. Ce chapitre propose de mettre en perspective certaines caractéristiques de sa trajectoire de vie. Entre footballeur rebelle dans un univers capitaliste, ce personnage, bien que surdimensionné par les médias, n´a pas encore été suffisamment étudié par la sociologie du sport, afin de comprendre comment et par quelles raisons a-t-il été élevé au rang de héros sportif planétaire et d´icône identitaire en Argentine. Quelques pistes initiales sont ici proposées.

 

Mots-clés. — Origines, trajectoire de vie, transgressions, icône, autodestruction, résurrections.

 


 

Il n’est pas exagéré d’avancer le fait que Diego Armando Maradona a été un des sportifs les plus connus du monde entier. La majorité du public a découvert ses exploits à travers l’écran de télévision, en l´identifiant comme un des meilleurs joueurs de toute l´histoire du football. Sportif exceptionnel, produit de la globalisation du football, il est, avant tout, une figure publique argentine. Originaire d´une des zones les plus pauvres de la périphérie de Buenos Aires, il a été témoin des changements trop rapides jusqu´à s’y laisser entrainer pendant d´importantes périodes de sa vie. Ce contexte a conditionné son comportement et sa difficulté à s’inscrire durablement dans un rôle clair et univoque. Ainsi, si tout le monde reconnaît son talent de joueur, sa trajectoire a été marquée par ses excès successifs, y compris son excentrisme pendant sa période d’entraîneur de l’équipe nationale. Sergio Levinsky[1] (2010) l´a défini comme un homme à mille facettes, car il constitue en effet, et en lui-même, un personnage socioculturel glorifié par son talent dans le football, mais aussi enclin à critiquer et à mettre en question tout ce qu´il juge injuste à ses propres valeurs. L´anthropologue Eduardo Archetti (1999, 2003) a associé la figure de Maradona à un personnage hybride, dans la mesure où il incarne la tradition et la transgression d´une culture enracinée à partir du football.

 

Pierre Michel Menger (2009) soutient que la réussite de la carrière d´un artiste — ce qu´on peut transposer ici à la carrière d´un sportif de haut niveau — dépend de quatre variables principales : De l´artiste lui-même ; De l´environnement de ses activités ainsi que des conditions matérielles ; De la qualité du travail d´une équipe ; De l´évaluation que reçoit l´œuvre achevée. Partant de ces postulats, ce chapitre vise à consolider les hypothèses que la trajectoire de Maradona, — tant le footballeur que le citoyen —, tient principalement à  son caractère hybride[2] et à la propension à produire des transgressions[3]. Nous tenterons ainsi d´interpréter l´icône argentine depuis sa formation jusqu´au présent, dans un effort global qui puisse accorder, à chaque étape, des éléments déterminants dans le parcours de Diego A. Maradona.

 

Le gamin d´un potrero dans un bidonville

Diego Armando Maradona a grandi dans le bidonville de Villafiorito, dans le district de Lanus, la zone sud de la périphérie de la capitale du pays. Le premier environnement de Dieguito, a donc été celui d´un habitus marginal[4]. Ce qui a sans doute conditionné ses premières perceptions et ses sentiments vis-à-vis du monde[5]. Son père était maçon de profession, sa mère était femme au foyer. Diego a été élevé avec quatre sœurs plus âgées, puis a vu naître ses trois frères. Pendant une longue période, ils étaient dix personnes à partager un même espace restreint. Lorsqu´il fait allusion aux pénuries matérielles, il s’en souvient à travers des phrases telles que : « La maison avait tellement de trous qu´il pleuvait plus à l´intérieur que dehors »[6], ou « J´ai grandi dans un quartier privé […] privé d´eau et d´électricité ». C´est dans ce contexte que Dieguito a commencé à fréquenter le terrain de football du quartier : le potrero, qui d´après Eduardo Archetti (2001 : 27-28) sont des endroits où les gamins se forgent non seulement un style de jeu fondé sur la dextérité, l´audace, la maîtrise technique et le courage, — puisqu´ils doivent souvent jouer avec et contre des garçons plus grands —, mais à partir desquels ils construisent aussi une facette de leur identité. Pour Eduardo Archetti, l’apprentissage des transgressions né dans les potreros : transgresser les règles établies de football, inventer des règles propres et autonomes, transgresser les horaires, le froid et le soleil, et les mauvaises conditions des terrains ; mais on y apprend, de la même manière, à transcender les conditions de la misère (2003 : 243). Pour le jeune Maradona, ce petit terrain (la canchita) a constitué un espace de consolation face à tant de pauvreté. Une sphère de loisirs où il a commencé à déployer un talent supérieur à la moyenne (Valdano, 2002 : 27-28).

 

Mais c´est aussi à cette époque que son entourage le plus proche a également joué un rôle majeur au début de la carrière du petit Maradona[7]. Tout comme Norbert Elias (1991, 1993) a accordé une place déterminante au père de Wolfgang Amadeus Mozart dans la construction et les orientations de la carrière du génie musical, le père de Diego Armando a participé aux choix de son enfant, en accompagnant ses premiers pas dans le champ du football officiel, notamment lorsqu’il est entré en formation au club de la capitale, Argentinos Juniors. Si son père a rapidement compris que son enfant possédait un talent exceptionnel, il fallait le développer en respectant certaines règles : la discipline et la présence obligatoire aux entraînements (Levinsky, 1996 : 91). Diego Armando Maradona (2006) décrit dans son autobiographie le fait que, s´il y a quelqu´un de « Maradonian » dans ce monde, c´est bien son père. Celui-ci s´endormait parfois debout dans le bus lorsqu´il l’accompagnait aux entraînements après son épuisante journée de travail[8]. De même, ses frères nourrissaient une grande admiration envers lui. Les petits Lalo et Hugo ont déclaré à un journaliste de la télévision que « Diego était le meilleur frère du monde […] et un extra-terrestre »[9]. Ainsi, malgré les conditions précaires de vie et les déficits en termes financiers, Diego Armando a joui d´un soutien émotionnel important au sein de sa propre famille, laquelle vivait par procuration l´intérêt extérieur pour sa carrière de jeune footballeur.

 

En reprenant les propositions de Pierre-Michel Menger (2009), Maradona avait, depuis son adolescence, une prédisposition naturelle à la réussite, malgré un contexte défavorable qu´il a su tirer à son avantage, faisant du potrero une école de dextérité et de courage (Archetti, 2003 : 244). Sans pression excessive de la part de ses proches, Dieguito, pouvait embrasser les rêves ambitieux de jouer en première division et de devenir champion du monde[10]. Il assimilait les déplacements quotidiens vers la Capitale Fédérale, depuis la misère isolée de sa banlieue vers les terrains d´entrainement à une traversée du monde. Il s´y réfère en ces termes : « Quand j´étais gamin, aller vers la capitale et traverser le pont Alisina c´était comme entrer à Manhattan »[11]. Il dira aussi : « D´un coup, je suis allé de Villa Fiorito au sommet du monde et j´ai dû me débrouiller »[12].

 

Diego Armando s’est rapidement imposé à Argentinos Juniors. Ses exploits réalisés dans la célèbre équipe des Cebollitas[13] l’ont vertigineusement propulsé en première division, à l´âge de 15 ans[14].  Le coach de cette équipe, Franciso Cornejo, a su l´encadrer et le placer avec confiance dans un groupe uni par la cohésion et l´amusement[15], ce qui favorisait la libération du talent chez Diego (Levinsky : 1996, 92-93).

 

L´incarnation dans le football spectacle

Tout s´est très rapidement enchaîné pour Dieguito, qui devenait au milieu des années soixante-dix un joueur professionnel de première division « à part », suivi par l’ensemble des journalistes (Juillard : 2010 : 59-64). Sa précocité prodigieuse est aussi à prendre en considération au prisme des transformations du système international du football, vers le plus grand degré de globalisation orchestré par la domination européenne sur le reste de la planète. Levinsky (2010 : 211-212) parle d’une nouvelle ère : le football industrialisé. Lorsque Boca Juniors, le club le plus populaire en Argentine, acheta le petit Diego Maradona à Argentinos Juniors en 1980, la concurrence internationale (et locale avec River Plate) pour s’approprier le talent du « gamin en or » était si féroce que Boca prit la décision de s´endetter à tel point que le club a été déclaré en faillite durant de longues années (Levinsky 2010, 213). Dans ce contexte, l’ère de l´argent-roi dans le football a fait émerger de nouvelles figures : les agents de joueurs professionnels. Maradona et son premier représentant, Jorge Cysterpiller ont été précurseurs dans cette tendance à introduire des tiers dans les relations entre joueurs et clubs (Levinsky : 1996, 100-103). La réussite de Maradona, selon la typologie proposée par Pierre-Michel Menger (idem), incorporait une figure clé dans son équipe de travail : un agent capable de gérer ses relations professionnelles en dehors des terrains, ce qui impliquait négocier ses contrats et ses transferts[16].

 

Boca Juniors a été sacré champion en 1981, avec Diego Armando Maradona comme meneur d´une équipe entourée d´autres talents[17], tel que Miguel Angel Brindisi[18]. En 1982, il quitte l’Argentine pour le FC Barcelone, ouvrant ainsi une brèche : les « cracks » sud-américains ont commencé à émigrer régulièrement vers l´Europe à partir du milieu des années quatre-vingts. Néanmoins, malgré quelques exploits au Barça, Diego ne s’adapta pas à son nouvel environnement. Habitué à être au centre de toutes les attentions dans et en dehors des terrains (Burns, 1996 : 45), il souffrait la froideur du public envers lui, et se sentait prisonnier dans une ville qu´il ne maîtrisait pas (Levinsky, 1996 : 205). C’est à cette époque qu’il commença à se droguer (Juillard, 2010, 89-90). Selon la démonstration de Pierre-Michel Menger (2009), l´environnement influa défavorablement à sa réussite[19]. D´où sa décision précipitée de partir à Naples en 1984, un club qui luttait à l´époque pour le maintien en première division italienne[20]. Il y retrouva la joie d’être considéré, dès le début, comme l’unique totale de l´équipe.

 

En reprenant l´hypothèse d´Archetti (1999, 2003), Maradona s´est constitué comme une figure de transgression à Naples, bousculant les traditions du football italien, dans lequel dominaient les puissantes équipes du nord, et en y établissant son propre ordre de vie. Il pesait sur le terrain, mais aussi sur les conditions et la création d´une équipe dédiée exclusivement à son jeu[21]. Les quatre variables proposées par Pierre-Marie Menger (2009) pour rendre compte de la réussite ont été déterminantes dans les années 1984-1989 : l´artiste (sportif) lui-même exprimant au maximum son talent ; en jouissant d´un environnement séducteur et en bénéficiant de la qualité d´une équipe de travail (sur le terrain)[22]. Mais, les excès ont aussi ponctué le rythme de sa vie professionnelle et personnelle à Naples, et se sont accélérés par l’influence d’un nouvel agent à partir de 1985 : Guillermo Coppola, « Guillote », un personnage obscur qui a encouragé les pulsions de libertinage et d´autodestruction du Diez[23]. Ce changement dans son entourage aura des conséquences néfastes, manifestées après la triomphe au Mexique 1986 et les scudettos remportés dans le championnat italien.

 

La gloire du Pibe de Oro

 

Malgré sa vie dissolue, la gloire est arrivée par le sacré mondial au Mexique en 1986, dont il a été le principal instigateur[24]. D´un point de vue socio-anthropologique, les caractéristiques de jeu et les deux buts de Diego Armando face à l´Angleterre en quart de finale ont pointé, selon Gustavo Bernstein (1997, 2000), deux traits présents dans la culture argentine, que l’on peut appeler l´« argentinidad »[25] : le talent et la ruse. Le premier but inscrit avec la main, trompant l´arbitre — et la majorité des spectateurs présents — constitue cette prédisposition à braconner, souvent latente dans la vie quotidienne argentine. Le second donne, d´après Bernstein (idem : 5-7), toute sa dimension au talent contenu dans une société. Le récit du but du siècle, comme certains l´ont appelé, décrit en direct par le locuteur Victor Hugo Morales[26], s´est constitué en symbole tant de la réussite de Maradona que d´une mythologie[27] (Segura Trejo : 2012). Cette évaluation instantanée (plutôt appréciation) de l´œuvre (plutôt l´action) in situ, restera un des principaux attributs accordés au journaliste Morales pendant deux décennies en Argentine[28].

 

Ainsi, la consécration dans la Coupe du Monde 1986 a permis, d´après Eduardo Archetti (1999, 2003), d’illustrer la célèbre chanson de tango de Reynaldo Yiso, El sueño del Pibe[29]. Le garçon rêve de marquer des buts et d´être acclamé par la foule d´un stade. Ce rêve qui était dans l´imaginaire des enfants argentins a été incarné par ce petit Diego Armando Maradona, issu d´un bidonville, pour qui la plus grande gloire dans l´univers du football a pu arriver (Alabarces, 2002, 144-147). Nombreux s´identifieront par cet exploit de Diego à ce garçon, faisant de lui une icône et un joueur fétiche[30]. Pour l´écrivain argentin Eduardo Sachieri, tous les excès et les maladresses seront pardonnés à Diego grâce à cette joie collective déclenchée lors du championnat mondial de 1986 (1999 : 19-23). De cette manière, Diego Armando Maradona s’est inscrit dans l´histoire et les légendes du football, en devenant un symbole avec le maillot numéro 10 de l´équipe argentine que même ses pulsions d´autodestruction n´ont pu et ne pourront pas effacer (Archetti, 1997).

 

Cependant, tout comme il a connu la gloire, il a aussi rencontré ses démons et provoqué graduellement sa propre autodestruction depuis son époque à Barcelone, accentuée par son affaire de dopage à Naples en 1990. Ce que Pierre-Michel Menger a souligné concernant la réussite peut être renversé dans l´analyse de l´échec et de la chute d´un artiste (sportif). Il est certain, dans le cas de Diego A. Maradona, le fait que l´environnement ait joué un rôle important dans sa chute. Mais si la réussite dépend en grande partie de l´artiste (sportif) lui-même, la chute a aussi été engagée par lui-même. Une tendance qui s´est aggravée avec la consommation d´alcool, de tabac et de cocaïne. De manière inévitable, les conditions de travail se sont avérées plus défavorables, à l´égale que l´évaluation de sa performance (en y incluant le harcèlement et l´amplification négative de son image dans les médias).

 

L´autodestruction…et les résurrections

Diego Armando trouvait dans sa relation avec « Guillote » un complice pour les fêtes, les excès et les pulsions autodestructrices. La consommation était même assurée par son agent (Juillard, 2010 : 110). C´est à cette époque qu´il développe un désir obsessionnel à fuir Naples. Il ne supportait plus l´ambiance de folie et les conflits que tout cela générait avec l’exigence des dirigeants du club, davantage préoccupés par les comportements de Maradona (Levinsky, 1996 : 190-91). Cet environnement défavorable pour sa santé physique et mentale a provoqué l’éloignement de fidèles, comme son entraîneur personnel, Fernando Signorini, qui a pris ses distances pendant de longues années[31].

 

En ce qui concerne son entourage proche, les soutiens émotionnels de Diego ont été sa femme, Claudia, et ses petites filles, Dalma et Yanina[32], lesquelles ont empêché le footballeur de succomber complétement aux vices (Levinsky, 1996 : 294). Ses efforts pour recouvrir sa gloire et son niveau l’ont conduit à mener diverses expériences, la plupart marquées par des échecs. C’est une période de chutes et de résurrections qui se succèdent entre 1990 et 2005. Une pauvre saison comme joueur à Séville en Espagne en 1991 et une à Newell´s Old Boys en Argentine en 1993 ont inauguré une sombre traversée à Buenos Aires jusqu´à sa préparation laborieuse pour sa troisième Coupe du Monde FIFA aux Etats-Unis en 1994 (Arucci, 2002). Suite à une séquence intense d´entraînements pour revenir dans la meilleure des formes possibles, Diego a assuré sa participation à la compétition[33]. Pourtant, ce n´est pas la consommation de cocaïne, ou de stupéfiants pour augmenter son endurance physique qui ont mis fin au rêve, mais une dose d´éphédrine (substance décongestionnante) diluée dans un cocktail par le médecin de la délégation qui a banni Diego de la suite de la compétition, après seulement deux premiers matchs (Arucci, 2002 : 50). Se voyant imposer une sanction d´un an par les dirigeants de la Fédération Internationale, il a vécu cette situation comme une profonde injustice[34]. Dans la  première présentation médiatique que Diego fit de cet épisode il s´est placé comme victime, trahie et humiliée[35] : « On m´a coupé les jambes », a-t-il déclaré dans une interview[36].

 

Les dépressions se sont ensuite succédées, ponctuées par des réapparitions hyper-médiatisées dans les stades. À la suite d’expériences ratées en tant que coach à Mandiyu de Corrientes et ensuite au Racing Club de Avellaneda, il est retourné en 1995 jouer pour Boca Juniors, avant de quitter le football en 1997. La capacité de Maradona à assurer un niveau de jeu superlatif s´est évidement réduite lors de cette dernière époque. Les facettes de transgresseur[37] devenaient moins porteuses qu´auparavant et, au contraire, plus destructives. Le poussant vers des chutes plus profondes dans des environnements hostiles et moins tolérants envers ses excès et ses maladresses.

 

Il a été hospitalisé à plusieurs reprises entre 2001 et 2004 pour toxicomanie et en raison de sa prise de poids. C´est justement lors cette étape d´agonie que le culte populaire envers lui a pris des dimensions quasi-religieuses, voire d´hystérie collective, mais aussi de reconnaissance et d´affection populaire[38]. La naissance de l´ « église maradonienne » constitue un signe de fanatisme, mélangeant ferveur et ironie dans sa « liturgie ». Toutefois, ce culte montre à quel point Diego Armando Maradona est vénéré par une partie de la société argentine[39]. Toute une série d´expressions populaires de différentes natures ont contribué à faire vivre l’effervescence du culte pour Diego A. Maradona, essayant de lui pardonner ses faiblesses[40], et mettant en valeur sa place dans la construction identitaire d´une culture. Nombreuses chansons ont été composées, dont celle du Potro Rodrigo[41]. Cette chanson, la Main de Dieu, indique — toujours dans ce culte quasi-religieux — le fait que Diego Armando a répandu la joie dans le territoire argentin et que si « Jésus a trébuché, pourquoi Maradona n´avait-il pas le droit à le faire ».  La vénération de la figure de Diego A. Maradona se concentrait sur les impacts créés dans la société argentine, reconnaissant ses chutes, mais les plaçant comme des attributs caractérisant la vie d´un héros du peuple[42].

 

Il est remarquable d´observer le fait que les réactions de Diego Armando ont toujours provoqué un sentiment de vénération et d´affection, auquel Maradona a toujours répondu[43]. De même, ses exils à Cuba l´ont aidé à réguler et à guérir ses addictions. Accompagné d´un staff médical personnalisé et d´un entourage dévoué, il s´est considérablement attaché à ce pays et à la présence de Fidel Castro. Il s’affiche ainsi du côté de Cuba, dans une perspective géopolitique du monde, et ses opinions politiques ont accentué sa vision altermondialiste dans le concert international, transgressant le vieux cliché des footballeurs apolitiques.

 

Mais, tout comme les chutes, les résurrections ont aussi été spectaculaires. En 2005, Diego fera une nouvelle apparition médiatique de premier ordre avec son programme de télévision, la Nuit du Dix (la Noche del Diez). Les scènes créées par les producteurs et par lui-même soulignent l´état de bonheur (et aussi le culte envers sa figure)[44]. Dans cette présentation publique[45], Maradona a joué le rôle d´icône populaire : « Je suis le 10, je me sens mieux que jamais et je suis dans mon pays »[46], revendiquant sa condition de héros, en célébrant les chansons que lui ont été dédiées[47]. Les apparitions médiatiques se sont multipliées, d´autant plus qu´il avait l´habitude de rendre visite aux joueurs des équipes argentines — personnellement ou dans les tribunes—  capté toujours par la télévision en train de soutenir les siens[48]. Cette ferveur, et surtout cette attraction folle exercées par les médias, ont peut-être convaincu les dirigeants du football argentin de lui confier le poste d´entraîneur national en fin d´année 2008.

 

Le nouveau Maradona et le vieux aussi…

Diego Armando Maradona, en tant que coach, a peut-être suscité plus de polémiques que durant sa carrière de footballeur[49]. Y compris des relations très tendues avec la presse sportive argentine[50]. Ainsi, la fin de son contrat au poste d´entraîneur ne pouvait se faire autrement que de manière conflictuelle et prévisible, en exprimant, une fois de plus, tout ce qu´il n´aimait pas, s´y plaçant comme victime de trahisons et de complots. Deux caractéristiques qui se sont répétées tout au long de sa trajectoire professionnelle : le conflit permanent avec le pouvoir établi et la tendance de présenter les affaires de façon tranchée.

 

La carrière controversée de Maradona s´est poursuivie en tant que coach à Al Wals aux Émirats Arabes Unis, où il a fêté son cinquante-et-unième anniversaire le 30 octobre 2011 à Dubaï. Il a choisi de vivre et de travailler dans une des régions les plus riches au monde, mais cette aventure n´a duré qu´un an. Pourtant, Diego Armando Maradona continue toujours à faire parler de lui[51]. Au bout du compte, il s´est constitué en emblème du football globalisé du tournant du XXème siècle[52]. Tel qu’Eduardo Archetti l´avait montré, Maradona a toujours été source de création d´ordre par le biais de ses déclarations[53], lesquelles sont amplifiées par les médias. D´autant plus que ces propos divisent le monde entre ceux qui pensent ou sentent comme lui et ceux qui sont de l´autre côté, offrant la possibilité aux médias soucieux de profiter des controverses, d´impliquer plusieurs parties dans les polémiques[54].

 

Un gamin d´un bidonville plongé dans le grand bain du capitalisme du football et de la globalisation. Il représente le rêve du pauvre devenu célèbre. Il a été la gloire des supporters d´un pays ultra-passionné par le football, converti en icône d´adoration. Mais il est aussi tout ce que ses pulsions d´autodestruction, ses déclarations et ses actes intempestifs impliquent. Il est en effet tout cela. Maradona est toujours vivant, mais il faudrait penser qu´un jour il fera face à la mort — comme tout être humain —. Même s´il continuera longtemps à exister par la force de sa légende, le jour de son décès produira un impact colossal en Argentine[55], avec des résonnances mondiales. La nouvelle sera annoncée par les médias argentins comme un tremblement de terre qui secouera une population, marquant probablement un sentiment général de tristesse collective et d´hommages, remplis d´actes de vénération dans ce culte créé par tout ce que Maradona concentre dans son parcours[56]. Mais aussi par ce culte moderne qu´une grande partie de la population accorde au football. En guise de conclusion, l´interprétation de sa trajectoire à partir de sa qualité de transgresseur peut fournir une variable utile pour comprendre ses péripéties ainsi que sa manière d´agir. Ce chemin à déconstruire  — et à reconstruire — demeure ouvert et fertile pour la sociologie et l´anthropologie du sport. De cette façon, il est intéressant de mettre en perspective quelle a été la place jouée par son entourage et dans quels environnements a-t-il évolué lorsqu´il a pris telle ou telle autre direction. La carrière (au sens large) de Diego Armando Maradona reste à écrire depuis les sciences sociales. Pour essayer de comprendre l’être humain, il faut dès lors se pencher sur les vénérations qu´il a suscité, c´est-à-dire, sur sa mythologie.

 

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[1] Journaliste, écrivain et sociologue argentin.

[2] Cette figure hybride est définie par Eduardo Archetti (1999, 2003) comme représentative d´une culture de la masculinité en Argentine.

[3] J´emprunte cette formule à Eduardo Archetti (1999, 2003).

[4] En reprenant le concept de Pierre Bourdieu (1979), les catégories de perception et la vision du monde de Maradona ont été marquées par cette enfance marginale, d´où il a commencé à observer sa vie depuis la périphérie précaire de Buenos Aires.

[5] Par ses prises de positions successives, il s’est toujours inscrit  dans une position subjective d´altérité.

[6] Recueillies dans le quotidien argentin La Nación lors du cinquantième anniversaire de Diego Armando Maradona.

[7] Pour une description de l´enfance de Diego Armando Maradona, le lecteur peut se référer à l’ouvrage d´Alexandre Juillard (2010). Maradona. Voir aussi le livre de Jimmy Burns, The Hand of God (1996).

[8] Le trajet était d´environ deux heures entre Fiorito et le club d´Argentinos Juniors, ce qui faisait en moyenne un déplacement de quatre heures. Propos tenus lors de l´émission de télévision La Noche del Diez, 16 octobre 2005.

[9] Ces déclarations effectuées pour un reportage en 1979 sont disponibles sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=erVBXPU5suo

[10] Ce qui revient au soutien d´un environnement familial. Les propos de ces frères ont été filmés lorsque Diego Armando avait simplement 12 ans et vivait toujours à Villa Fiorito : http://www.youtube.com/watch?v=NeN8DFTfyb0

[11] Propos recueillis dans le quotidien La Nación (op. cit).

[12] Idem. Ant.

[13] Un livre a été écrit par son ancien entraîneur de Cebollitas, Francisco Cornejo (2001).

[14] Le début de sa carrière professionnelle, le 20 octobre 1976 avec l´équipe d´Argentinos Juniors face à Talleres de Córdoba, a commencé par un « petit pont » de Diego sur un adversaire qui a fait les Unes des journaux (Juillard : 2010, 27).

[15] Ces caractéristiques renvoient à l´appréciation de la qualité d´une équipe de travail comme facteur de la réussite d´après les propositions empruntées à Pierre-Michel Menger (2009).

[16] Cysterpiller a négocié les transferts  d´Argentinos Juniors à Boca en 1981, de Boca à Barcelone en 1982 et de Barcelone à Naples en 1984.

[17] Partout où Maradona est passé, les partenaires qui l´ont accompagné ont été occultés, alors qu´un facteur de la réussite sur le terrain doit s´expliquer par la qualité du collectif.

[18] Maradona a transgressé les figures d´autorité traditionnelle à l´intérieur de cette équipe telles que Roberto Mouzo et Vicente Pernia, en s´imposant comme figure et emblème d´un groupe (Levinsky : 1996, 95-96).

[19] De même, en suivant l´interprétation d´Archetti (1999, 2003), Maradona n´a été capable ni de transgresser l´ordre social à Barcelone ni d´imposer lui-même une idée de son ordre à lui (comme il fera à Naples).

[20] Dès sa présentation au stade San Paolo de Naples, il a été l’objet d´une vénération folle de la part de la population. Les premières prestations de l´astre argentin laissaient voir aux napolitains, par les biais de ses buts, qu´une ère de bonheur s´écrirait avec Maradona sur le terrain. Le climat était bien différent à celui de Barcelone, au sens où la foule répondait à sa quête permanente de reconnaissance et d´affection.

[21] Maradona s´est même permis de participer aux décisions de recrutement pendant les saisons 1984-1987 (Levinsky, 1996, 252).

[22] Si l´on transpose la quatrième variable proposée par Pierre-Michel Menger (idem), l´évaluation de l´œuvre à celle de la performance d´un sportif, la presse et les supporters du club n´ont pas cessé d´acclamer Maradona (Levinsky, 1996, 255), au moins jusqu´en 1989. Jusqu’à ce que cette ferveur populaire devienne un jour insupportable pour Diego (Juillard, 2010, 144).

[23] Appelé ainsi en raison du numéro 10 inscrit sur son maillot dans les équipes où Diego Armando Maradona a évolué.

[24] Maradona et l´équipe s´appuyèrent aussi sur Jorge Burruchaga et Jorge Valdano pour le front d´attaque, avec une formation équilibrée derrière pour les soutenir. Le fait de gagner une Coupe du Monde de la FIFA constitue un fait sportif (et social) qui place les champions en qualité de héros nationaux. Pour le cas de la France 1998 voir notamment Mignon (1999).

[25] La traduction immédiate en français serait l´« argentinité ».

[26] Récit de Víctor Hugo : « Maradona a la balle, il a deux joueurs sur lui. Maradona contrôle, le génie du football mondial démarre sur la droite […] Il dépose le troisième et va donner à Burruchaga […] Toujours Maradona ! Quel génie ! Quel génie ! Quel génie ! […] Ah, ah, ah… Buuuuuuuuut ! Excusez-moi, j’ai envie de pleurer ! Bon Dieu ! Vive le football ! Quel but ! Maradona, au bout d’une chevauchée mémorable, la plus belle action de tous les temps ! Espèce de cerf-volant cosmique, de quelle planète viens-tu ? ». Victor Hugo Morales a aussi comparé le talent de Diego Armando Maradona à celui du chanteur de tango Carlo Gardel, notamment suite à sa passe lumineuse et décisive à Claudio Caniggia lors le match contre le Brésil en huitième de finale pendant la Coupe du Monde FIFA Italia 1990.

[27] J´ai essayé d´expliquer l´importance de ce récit et du commentateur sportif dans la revue Ensemble (Segura : 2012). Le contexte de la guerre de Malouines avec la Grande Bretagne en 1982 a ajouté de forts éléments symboliques au match en 1986. Sur le contexte, voir le reportage : http://www.youtube.com/watch?v=rfO9hH5spx0&feature=player_embedded

[28] Víctor Hugo Morales a avoué dans plusieurs entretiens la reconnaissance obtenue par le récit du deuxième but de Maradona face à l´Angleterre. Voir notamment : http://www.youtube.com/watch?v=kAcDQfACGVw

[29] Un émouvant récit d´un garçon qui raconte à sa mère qu´un club de football (supposé important) l´a convoqué. Plusieurs chansons de tango font allusion au football en Argentine. Pour un panorama des paroles de tango dédiées au football, voir le livre d´Hector Negro, De tango, de futbol, de lunfardo…(1985).

[30] Voir notamment la description de l´écrivain Eduardo Sachieri (1999) : « Me van a tener que disculpar ». Cette assertion de Sachieri s´avère puissante pour toutes les générations qui ont vécu l´impact direct de la Coupe du Monde 1986, quoiqu´elle ne trouve pas le même écho pour les générations plus récentes.

[31] Fernando Signorini prit la décision de s´en éloigner lorsque Diego évoluait à Naples (Levinsky, 1996 : 190)

[32] Ce qui a été avoué par Diego Maradona dans toutes les interviews rétrospectives.

[33] La FIFA et le Comité d´Organisation d´USA 1994 ont vivement célébré la présence de Diego Maradona dans l´édition. La promotion de la manifestation avec lui apportait sans doute une valeur ajoutée (Levinsky, 1996 : 94-95).

[34] Cette affaire a été sans doute confuse. Maradona n´étant pas coupable de cette consommation d´éphédrine.

Il avait été célébré et ensuite écarté dans des circonstances peu claires par les propres dirigeants de la FIFA. Levinsky (1996 : 80-84) indique de Diego Armando avait des certitudes dans cette affaire pour se présenter comme un « rebelle avec cause ».

[35] Ce qu’Erwin Goffman (1959,1973) appelle la présentation de soi, lorsqu´un acteur social apparaît en public, peut être interprétée par le rôle de victime joué par Maradona lors de ce scandale médiatique. De fait, Maradona a toujours eu recours aux médias pour exprimer non seulement ses sentiments mais aussi pour avoir une visibilité dans la scène médiatique (Zanoni, 2006).

[36] Pour voir cette scène: http://www.youtube.com/watch?v=R_MX8SxvHes

[37] Sur le terrain, ces facettes passaient plus par la renommée de Diego et par sa présence pour motiver, ou au contraire intimider, que par son véritable niveau de jeu pendant ces dernières saisons comme footballeur professionnel. En dehors des terrains, ces facettes impliquaient sa prédisposition à provoquer souvent des polémiques avec ses déclarations.

[38] Le lecteur peut se référer sur cette question au livre du journaliste argentin Daniel Arucci, Conocer al Diego, relatos de la fascinación maradoniana (2002).

[39] En revanche, d´autres refusent de vive voix cette adoration pour un personnage qu´ils considèrent scandaleux.

[40] De 1997 à 2005, ont été les années les plus difficiles de sa vie, avec des chutes dramatiques et récurrentes.

[41] Décédé lui-même dans des circonstances confuses en juin 2000.

[42] Outre la vénération de ce qu’Erwin Goffman (1959/1973) a défini comme la face, il est intéressant d´observer tous les rites d´interaction (Goffman, 1967, 1988) lorsque les admirateurs (surtout les journalistes) s´adressent à Diego A. Maradona, le traitant comme une figure qui a un poids majeur par sa seul présence, au-delà de la situation.

[43] Dans une scène, captée par les caméras à l´occasion d´un anniversaire de Diego Armando dans une réunion des « fidèles » de l´église maradonienne, il a lui-même téléphoné et remercié ses admirateurs pour tant d´affection. Voir (et entendre) : http://www.youtube.com/watch?v=4xSa-4WxDx8

[44] Sur la relation de fascination entre Diego Armando Maradona et les médias, il est intéressant de consulter le livre de Leandro Zanoni, Vivir en los Medios (2006). El Pais, revue hebdomadaire espagnol, lui a notamment consacré un reportage qui fera date : El Dios Argentino resucita (Le Dieu Argentin ressuscite), le 12 février 2006.

[45] Dédiée à une audience, sinon admiratrice au moins curieuse de regarder la mise en scène de Diego.

[46] Il est désormais possible de regarder les émissions de la Nuit du 10 (La Noche del 10) : http://www.youtube.com/watch?v=OUMGww9t7iM

[47] Notamment celle de Rodrigo, évoquée plus haut. Sauf que cette fois-là, Diego l´a chanté à la première personne : « J´ai arrosé de gloire ce pays ».

[48] Y compris lors des Jeux Olympique en juillet 2008 lorsque l’équipe emmenée par Leo Messi a gagné la médaille d´or. Pendant toute cette période, même avec les turbulences de sa vie, il a toujours été proche de l´équipe nationale de football d’Argentine. Mais les scandales n´ont pas cessé, notamment les décisions de la justice concernant des impôts non payés en Italie et des enfants non reconnus issus des affaires de passion.

[49] Avec un noyau dur de talents et une centaine de joueurs « essayés », la qualification de l´Argentine pour la Coupe du Monde d´Afrique du Sud 2010 a été bien problématique.

[50] Au point de provoquer la réaction grossière de Diego Armando Maradona après le match à Montevideo face à l´Uruguay où l´Argentine a obtenu sa qualification et lui, en conférence de presse, a insulté les journalistes qui l´avait critiqué auparavant. Ce qui laisse entendre qu´il a du mal à admettre la mise en question. La performance de l´équipe argentine en phase de poules en Afrique du Sud laissait entrevoir que l´Argentine pourrait arriver loin. Cependant, elle a été éliminée par l´Allemagne en quart de finale.

[51] Même si Messi peut le détrôner un jour, ce qui semble plus difficile en Argentine qu´ailleurs, Maradona restera sans doute un personnage plus complexe et plus polémique.

[52] Les reportages sur Diego A. Maradona continuent toujours à apparaître et à faire parler de la personnalité tout autant que de ses exploits comme ancien joueur. Pour des reportages récents en français voir le numéro 1303, samedi 23 juin 2007 de l´Équipe Magazine : Diego, l´éternel héros. Voir aussi le numéro 50 du magazine So Foot : Tout ce que vous n´avez jamais lu sur Maradona.

[53] Ce qui vaut pour l´Argentine, en produisant des échos internationaux.

[54] Et en même temps offrant la possibilité à Diego A. Maradona de se sentir vivant en ayant l´attention des médias (Zanoni, 2006).

[55] L´impact social de la mort d´une icône sportive a été décrite et interprétée par Sergio Leite Lopes pour Garrincha, un joueur qui constituait la joie du peuple brésilien dans les années 70. Voir Leite Lopez et Maresca (1989).

[56] À l’exemple des obsèques en 1994, du pilote brésilien de Formule Un, Ayrton Senna.

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¿GESTIÓN DE LA VIOLENCIA EN EL FÚTBOL?: PERSPECTIVAS CRÍTICAS SOBRE INGLATERRA Y BÉLGICA*

Fernando Segura M. Trejo Centro de Investigación y Docencia Económicas, México fernando.segura@cide.edu Diego Murzi Universidad de Buenos Aires, Argentina diegomurzi@gmail.com

RESUMEN

El artículo surge de la necesidad de revisar y pensar esquemas de regulación y gestión de la violencia en el espéctaculo del fútbol frente a la postura instalada de reclamo de mano dura. A partir de los contextos mexicano y argentino es posbible observar como los medios de comunicación, así como otros actores ligados al negocio citan con reiteración al éxito de Inglaterra con respecto a los hooligans. Frente a esta postura que se ha ido traduciendo también en dispositivos de seguridad, se busca aquí comparar dos enfoques de gestión: las transformaciones mercantiles en el fútbol británico y la experiencia belga de sanciones combinadas con esquemas de prevención social. El objetivo es así contribuir a generar debates de política pública a fin de encontrar herramientas útiles y discernibles para otros contextos.

Seguir leyendo: http://www.revistadegestionpublica.cl/Vol_IV_No_1/SeguraMurzi.pdf

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Violences dans les stades en Argentine: la Place des « Barras bravas» et la Réaction Citoyenne Diego Murzi & Fernando Segura M. Trejo Article publié dans Thomas Busset, Roger Besson et Christophe Jaccoud (éds), L’autre visage du supportérisme. Autorégulations, mobilisations collectives et mouvements sociaux, Berne: Peter Lang (coll. Savoirs Sportifs), 2014, pp. 107 -121.

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